VOLET " ENVIRONNEMENT "
SOUS LA FORME DE RECOMMANDATIONS
DE LA COMMISSIONS NATIONALE DE PROTECTION DE LA MONTAGNE

PREAMBULE

Nos activités n’ont pas seulement une dimension sportive : elles s’accompagnent du plaisir d’être en relation avec le milieu naturel.

Certains penseront peut-être qu’il n’est pas besoin d’apprendre pour apprécier un lever de soleil sur un glacier, des gouttes de rosée sur une fleur, le cri de la marmotte ou le vol majestueux de l’aigle royal. Pas sûr ! On enseigne bien l’histoire de l’art ou de la musique ; pourquoi n’y aurait-il rien à apprendre en ce qui concerne la montagne ?

Par ailleurs, nos activités ont un impact sur le milieu naturel : à nous de le connaître et de le limiter au maximum. Pensons à ceux qui viendront derrière nous.

Ces recommandations ne sont en réalité rien de plus qu’une invitation aux participants au cursus de formation commune aux activités, à découvrir ou approfondir les connaissances sur le milieu naturel et surtout à adopter dans leurs pratiques des comportements compatibles avec l’environnement. Une invitation à développer l’observation, moyen essentiel pour trouver son chemin et sentir le milieu dans lequel on évolue (milieu de vie de la faune, empreintes.. ), mais aussi espace culturel et lieu de vies humaines.

Pour toutes les activités :

Il est importance de présenter la nature et les paysages comme l’élément principal de la sortie, qu’il s’agisse d’une randonnée, d’une sortie hivernale, d’une descente de canyon ou d’une autre activité, plus importants que la sortie en elle-même, et non comme un décors pour la pratique de ces dernières.

L’objectif est d’éveiller une motivation, au delà de la pratique des activités, favorisant la transmission des connaissances du milieu montagnard dans les clubs et la prise en compte de l’environnement et sa protection.

  • Utiliser le plus possible les transports en commun (train, autocars) ; sinon, se regrouper le plus possible dans les voitures individuelles.
  • Organisation de sorties et excursions en accord avec la nature.
  • Respecter les interdictions de circuler avec les engins à moteur.
  • Garer les véhicules sur des emplacements prévus : ne pas rouler dans les prés et rester sur les voies ouvertes à la circulation.
  • Ramener ses détritus : en montagne, il n’y a pas, comme en ville, un service quotidien de ramassage des ordures.
  • Respecter les propriétés privées
  • Respecter les zones protégées (parcs nationaux, réserves naturelles) ; se renseigner sur les réglementations .
  • Respecter le silence afin que chacun puisse goûter au calme des espaces de montagne.

Randonnée pédestre :

  • Eviter les raccourcis tout particulièrement à la descente: cela peut être à l’origine de phénomènes d’érosion grave, accrus par temps humide ou de pluie.
  • Eveiller chez l’initiateur, au delà des performances sportives, la connaissance du milieu montagnard, de la nature et de l’environnement en général (adapter en fonction de l’intérêt et de l’expérience des participants, les impliquer et les faire participer).
  • En fonction des groupes, de l’âge des participants et de leur intérêt pour le sujet : exercice d’observation, d’apprentissage par le jeu, les pratiques et l’implication.
  • S’informer sur certains textes juridiques relatifs à l’encadrement à la pratique des activités, la faune la flore et autres lois, du type motoneiges, montagne, ainsi que la charte montagne du CAF et les différents engagements présentés dans les motions adoptées par le Comité Directeur fédéral.
  • Informations sur les aspects environnementaux de l’organisation de la randonnée.
  • Au cours de la randonnée : transmettre des informations sur la région et les spécificités locales + explication (historiques, architecturales, culturelles, gastronomiques, artisanales etc…).

Vélo de montagne :

  • Eviter les dérapages inutiles : phénomènes d’érosion accrus par temps humide et de pluie.
  • Laisser la priorité aux piétons et le respect du randonneur sont les mots d’ordre.
  • Rester sur les chemins adaptés à cette activité.
  • Veiller à ne pas traverser de site fragile : tourbières, berges de lacs, lits de torrents.

Alpinisme : voir randonnée + sport de neige

Escalade :

  • Se renseigner sur les zones et les périodes de nidification des rapaces .
  • Respecter les arrêtés de biotopes, mis en place pour la préservation d’espèces naturelles et qui impliquent parfois une réglementation limitant l’accès à certaines voies de janvier à juillet.
  • Avant tout équipement, demander l’autorisation du gestionnaire et du propriétaire.
  • Le " nettoyage " des voies sans discernement peut conduire à la destruction d’espèces végétales rares ( mousses, fleurs, arbustes). Renoncer au " nettoyage " (sauf risque de chutes de pierres) lorsqu’il y a une avifaune et une flore protégées.
  • Eviter le camping sauvage au pied des voies.
  • Essayer de trouver des techniques (types pilotis ?) pour éviter le piétinement au pied des falaises lorsqu’il y a des espèces protégées.

Sports aériens :

Les survols de certains sites peuvent être la cause de dérangements pour les ongulés (chamois, bouquetins) et les oiseaux (buse variable, aigle royal, faucon pèlerin, grand corbeau). Il y a donc lieu pour les pratiquants :

  • de connaître la carte de répartition des ongulés et des rapaces, afin de ne pas entraver l’utilisation par les animaux sauvages de leur domaine vital dans l’espace et dans le temps ; les pilotes doivent tenir compte de la répartition saisonnière des grands mammifères sauvages pour leurs trajets de vol ;
  • d’éviter les vols proches des sites de nidification des rapaces aux périodes sensibles (janvier - juin)
  • d’éviter de choisir comme site d’atterrissage ou de décollage, une zone peuplée d’espèces végétales fragiles (piétinement)

Canyon : Il convient de bien garder présent à l’esprit, que les canyons sont des milieux écologiques particulièrement sensibles.

On a pu observer une dégradation significative de peuplements végétaux, de poissons et d’invertébrés.

  • Essayer de composer des groupes de taille réduite ;
  • Se renseigner sur les risques sur le milieu ;
  • Poser des rappels sur des zones si possibles sans végétation.
  • Utiliser les accès aménagés ou autorisés ;
  • Ne pas s’arrêter sur des berges fragiles, ne pas piétiner les gravières et les plantes sauvages.

Sports de neige :

  • C’est surtout la faune qui est vulnérable en hiver : la nourriture est rare, les animaux vivent sur leurs réserves ; le moindre effort de fuite suite à un dérangement, correspond à une consommation importante d’énergie, qui peut être préjudiciable à sa survie jusqu’au printemps.
  • Suivre de préférence les itinéraires existants et souvent parcourus ; la découverte et l’utilisation de nouveaux itinéraires doivent se faire de manière limitée.
  • Le crépuscule étant une période de grande activité pour les animaux, rester de préférence au chaud, au refuge !
  • En forêt, tenir les chiens en laisse ; ou mieux, les laisser à la maison !
  • Essayer d’éviter le gibier et si possible les zones d’hivernage des animaux, et ne pas suivre les traces fraîches.
  • Traverser les zones boisées si possible sur les chemins et les routes forestières. Eviter les zones de reboisement (les carres des skis sont redoutables !)
  • Au printemps, éviter de skier ou de marcher sur le secteur de transition neige - herbe : la vie végétale en éclosion et la petite faune n’a encore aucune protection.

Au refuge :

  • Redescendre ses détritus.
  • Ne pas exiger les prestations d’un hôtel .
  • Prendre conscience des impacts du refuge sur l’environnement (eaux usées, déchets, énergie…)
  • Apporter son sac de couchage de refuge
  • Laisser les abords propres